Une autocueillette de pommes de terre pour seulement 0,40 € le kilo à la ferme de la Fauvette à Gaurain (vidéo et photos)
À l'inverse de la saison 2025, qualifiée d'exceptionnelle, les longs épisodes de sécheresse de cette année ont joué un bien vilain tour aux producteurs de pommes de terre. Les fortes chaleurs couplées à un déficit d'eau durant la période de croissance ont fait chuter les rendements. "On oscille entre 30 et 40 % de récoltes en moins par rapport à l'an passé", confie Antoine Van Wynsberghe, l'un des exploitants de la ferme familiale de la Fauvette à Gaurain.
Cette baisse sensible des volumes entraîne fatalement une augmentation des prix des pommes de terre vendues en magasin. "On peut facilement atteindre les 1 € le kilo dans les grandes surfaces, où l'on risque de voir débarquer énormément de patates venues de l'étranger, en raison d'un manque de pommes de terre belges et françaises."
Un prix défiant toute concurrence
En quête d'un bon plan pour soulager un peu votre portefeuille ? L'action organisée par la ferme de la Fauvette, ce dimanche 27 septembre de 8 h 30 à 17 h, tombe à point nommé. À la tête de l'exploitation tournaisienne, Antoine et sa compagne Anaïs, ainsi que Michel Van Wynsberghe, le papa, ont décidé de reconduire (NDLR : pour la deuxième année d'affilée) la chouette expérience d'autocueillette de pommes de terre.

Le long de la rue Canger, il régnera à coup sûr une belle effervescence sur la parcelle d'un demi-hectare réservée aux citoyens. Muni d'un sac, d'un seau, de caisses…, tout un chacun pourra se servir en pommes de terre en les ramassant directement sur le champ. Si l'on en juge par l'affluence de la première autocueillette, répartie sur plusieurs jours en 2025, l'événement devrait attirer des centaines de personnes.
"Les gens ne devront pas creuser et mettre les mains dans la terre puisque l'on utilisera une petite machine afin de les extraire, explique Antoine Van Wynsberghe, qui incarne la 4e génération d'agriculteurs depuis les années 1930. On privilégie cette méthode de travail à un arrachage de type industriel, ce qui garantit une qualité optimale du produit. Une fois la récolte terminée, il y a la pesée en sortie de champ avec la satisfaction pour les participants de repartir avec des pommes de terre proposées à 0,40 € le kilo. Un prix très démocratique et également intéressant pour nous grâce à la vente directe."
Des rendements en forte baisse mais pas invendables
Malgré des rendements en berne, la ferme de la Fauvette aurait très bien pu faire l'impasse sur cette autocueillette, mais l'occasion était trop belle de renouer des contacts privilégiés avec les consommateurs. "Cette petite partie de nos 40 hectares de cultures de pommes de terre, on aurait pu l'écouler auprès des firmes industrielles (Lutosa, Clarebout…), d'autant que les calibres sont corrects. Ça n'aurait pas été de la marchandise perdue", souligne le jeune agriculteur.

"Une volonté de préserver un contact privilégié avec le consommateur"
Ce dernier garde en tête les images de ces centaines de particuliers de la région, mais aussi de ceux ayant consenti un long déplacement (Saint-Hubert, Charleroi…) ravis de cette chouette initiative, au sortir de l'été 2025. "Le contexte était tout autre puisque l'on n'arrivait pas à vendre notre production. Il y avait trop de rendement et les industriels n'en avaient pas besoin. La volonté était d'écouler une partie du surplus, afin d'éviter le gaspillage et que tout cela soit bon pour la poubelle. Ce rapport consommateur-agriculteur était exceptionnel et on voulait à tout prix maintenir ce lien, d'autant que les gens étaient demandeurs d'une nouvelle édition. Nous étions heureux aussi d'accueillir toutes ces familles qui, avec leurs enfants, prenaient plaisir à ramasser nos patates."
La Fontane, une variété polyvalente et facile à conserver
Les contenants apportés par les citoyens seront cette fois remplis de pommes de terre Fontane. "Cette variété, qui alimente majoritairement les usines, présente de multiples avantages. Elle se conserve très bien, jusqu'en janvier ou février, en étant stockée dans de bonnes conditions. Par ailleurs, c'est une pomme de terre polyvalente, idéale pour les frites, les purées et même la cuisson à l'eau", détaille le Gaurinois.
La journée dominicale se déroulera dans une ambiance conviviale, avec la possibilité pour le public de boire un petit verre au bar et de déguster des frites sur place.

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