Die Linke : le chef juif d'Allemagne exige l'élimination de l'antisémitisme
Publié25. septembre 2026, 14:29
AllemagneLa gauche radicale appelée à bannir l’antisémitisme de ses rangs
Le chef de la communauté juive d’Allemagne interpelle le parti Die Linke, victorieux de municipales à Berlin et qui ambitionne de gouverner la capitale allemande.

Le chef de la communauté juive d’Allemagne a appelé, dans un entretien à l’AFP, la gauche radicale à bannir l’antisémitisme de ses rangs, le parti Die Linke, victorieux de municipales à Berlin, ambitionnant de gouverner la capitale allemande. La section berlinoise de Die Linke se réunit vendredi en fin d’après-midi pour autoriser l’ouverture de négociations préliminaires avec les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts, qui, en cas de succès, doivent conduire leur cheffe, Elif Eralp, au fauteuil de maire.
Depuis sa victoire électorale du 20 septembre, Mme Eralp doit défendre son parti face à de multiples accusations d’antisémitisme et répète vouloir tout faire pour la sécurité des juifs de Berlin, comme des autres communautés. «J’ai entendu ses déclarations. Mais le problème, selon moi, c’est que son point de vue n’est manifestement pas partagé, du moins à Berlin, par tous les membres du parti qu’elle représente, et je crains même qu’il ne soit pas partagé par une large majorité», a accusé Josef Schuster, président du Conseil central des juifs d’Allemagne.
Accusations de dérapages antisémites
Il pointe le cas du député berlinois Ferat Koçak comptant, selon lui, dans son entourage Ibrahim Ibrahim, porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation classée terroriste par l’Union européenne (UE), et «qui continue d’être toléré au sein du parti». M. Koçak, élu de de Neukölln, quartier berlinois à forte population arabe, et où la section locale de Die Linke est régulièrement accusée de dérapages antisémites, s’est mis provisoirement en retrait de sa fonction, son parti voulant établir les faits en toute «transparence». Mais il n’a pas été mis à pied ou exclu.
Il a dû également reconnaître des contacts avec le clan Remmo, bande criminelle originaire du Moyen-Orient, bien implantée dans ce quartier et notamment connue pour le casse des joyaux de la «Voûte verte» dans un musée de Dresde fin 2019. «Je me serais attendu à son exclusion immédiate du groupe parlementaire. Cela aurait envoyé un signal clair. Or, manifestement, ce choix n’a pas été fait», regrette M. Schuster.
«Je n’ai entendu nulle part qu’elle s’en distançait»
Die Linke rejette d’une manière générale les accusations d’antisémitisme, et défend ses positions propalestiniennes et ses critiques visant Israël, la guerre à Gaza et la colonisation des territoires occupés. «Et ce qui m’effraie le plus, c’est qu’il semble impossible de faire en sorte que cette section locale de Neukölln renonce à des positions clairement antisémites. Je n’ai entendu nulle part qu’elle s’en distançait», a souligné M. Schuster.
Questionné sur une éventuelle mise sous surveillance de la section régionale berlinoise de Die Linke par les renseignements intérieurs allemands, comme le propose la CDU, parti conservateur du chancelier Friedrich Merz, M. Schuster a estimé que la mesure pouvait être appropriée. «Je considère juste et important d’envisager une mise sous surveillance, lorsque des opinions extrémistes sont exprimées au sein de partis politiques», a-t-il dit.
(les/ol)

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